En avant pour la dédollarisation du monde ?

Avant toute chose, je vous invite à visionner ce documentaire exceptionnel : Poutine, l’irrésistible ascension réalisé par Vitaly MANSKY. En plus des clefs de lecture du processus de reconstruction de la Russie, après la chute de l’URSS, le documentaire offre un angle immersif inédit au cœur de l’accession au pouvoir de Vladimir POUTINE, le 31 décembre 1999.

Partir du processus historico-politique

Suite à l’effondrement de l’URSS, le 25 décembre 1991, la Russie est passée en quelques années d’un système planifié sous contrôle de la nomenklatura, à un système libéral sous contrôle des oligarques. Durant cette rupture du communisme à l’ultra-libéralisme, où l’État russe ruiné et défaillant n'exerce plus aucun contrôle politique, les milieux d’affaires cupides vont piller les biens communs et richesses naturelles de la Russie. Cette caste va s'emparer du pouvoir de l'Etat en constituant des conglomérats privés dans les secteurs stratégiques du pays : énergie, télécoms, médias, banques, défense, agriculture…

Une manœuvre de corruption politique et de spoliation financière1 qui mènera au pouvoir Vladimir Poutine. Il est apparu comme un « sauveur » dont la mission est de reconstruire un État russe fort, le protégeant du pillage financier et des ingérences extérieures. Le Président de la Fédération de la Russie s’est imposé comme le restaurateur d'une nation déchue, le digne défenseur du peuple russe capable de lui rendre sa pleine fierté. Oui, Vladimir Poutine fut à l’époque pressenti comme l’homme providentiel, apte à édifier le régime politique qui mettrait au pas l'oligarchie financière.

Cette caractéristique est fondatrice de la temporalité du régime de Vladimir Poutine. Le Président russe n’est pas un politicien occidental qui part à la chasse aux voix pour se faire élire, s'appuie sur du lobbyisme pour être financé et manipule les consciences à coups de petits narratifs. C'est la « verticale du pouvoir »2 : la subordination à un seul homme de toutes les forces du pays, du parlement aux entreprises en passant par les administrations. Depuis son Kremlin (forteresse), il administre une partie du monde dont la surface d'action est immense, conduit unilatéralement et totalement sa politique.

Bien sûr, le récit nationaliste poutinien prône une méfiance à l'égard de l'Occident et inculque d'absolu l'identité d'un peuple, conformément à une tradition ni occidentale ni orientale, mais russe. Représentant des nationalités de la Fédération de Russie, Poutine pioche dans la nostalgie de l’URSS lorsqu’il rétablit le drapeau soviétique pour le régiment présidentiel (Garde présidentielle du Kremlin), ou encore qualifie la disparition de l’URSS de « plus grande tragédie géopolitique du XXe siècle ». Le cadre idéologique à toute décision politique est limpide : mêler la grandeur soviétique à une Russie restaurée et conquérante.

En quelques années, Vladimir Poutine allait neutraliser la minorité d'individus qui s’était accaparé le pouvoir de l’État pour leurs intérêts exclusifs. Si les fortunes des oligarques russes avaient été, pour certaines, constituées en quelques mois seulement dans les années 90, il démantèle les groupes industriels par nationalisations. Cette prise des « corporations d'État » conduit à l’éviction d'entreprises étrangères, qui étaient actionnaires majoritaires dans les secteurs stratégiques3 du pays. La refondation de l’État exige de neutraliser les puissants qui s’y opposent. Les têtes tombent.

Stratégie de défense économique

Quand Poutine hérite de la fonction suprême en 1999, la Russie est lourdement endettée. L’État en faillite doit rééchelonner la dette héritée de l'ex-URSS qu’il ne peut rembourser et qu'il négocier par la série d'accords avec le Club de Paris4. La position débitrice de l'époque nous donne une idée de la situation financière du pays : la dette extérieure de la Russie vis-à-vis des États du Club de Paris s'élève à 150 milliards d'euros soit 110% du PIB5. Huit années après la fin de l'URSS, l'État russe est un nain économique. À titre d'exemple, le total des dépenses de la France à la même période est de 1408 milliards d’euros, soit quasiment 10 fois plus.

Pourtant, le redressement économique de la Russie sera fulgurant. Seulement sept ans plus tard, nous amenant en 2006, la Russie règle ses dettes par anticipation au Club de Paris. La raison principale ? La captation de la rente énergétique. Le pétrole et le gaz naturel représentent plus de la moitié du total des exportations russes. Entre 1999 et 2006, l’endettement public est ainsi spectaculairement réduit : représentant 110% du PIB en 1999, la dette a été minorée à moins de 40% de la richesse du pays en 2006. Grâce à la prise de contrôle des groupes industriels, l'État renfloue ses caisses et sort de la décrépitude. Aujourd'hui, la dette ne représente plus que 18,7% du PIB russe6.

Par l'indéniable opulence énergétique, aussi aidée par la flambée des cours des hydrocarbures dans les années 2000, la Russie est aujourd’hui le premier exportateur de gaz, second exportateur de pétrole et troisième exportateur de charbon au monde. Le chef du Kremlin s’est entièrement appuyé sur l’étatisation de la manne énergétique pour réinsérer sur la scène économique un pays traumatisé par la disparition de l’URSS. Ainsi l'emporte la vision du patriotisme économique qui déploie une force intérieure, celle de l'indépendance énergétique et industrielle dans un monde multipolaire, où la Russie retrouve une place à la table des riches nations.

Mais durant l'étatisation des conglomérats privés, un moyen subversif refait surface. Le dépeçage du patrimoine industriel hérité de l'empire soviétique a en partie profité à des banques, conglomérats et multinationales américains. Comment ? Par l'utilisation du dollar. Tous les contrats de financement des groupes industriels contrôlés par les oligarques ont été libellés en dollars. Les échanges sont alors régis par le droit américain7 qui a pu frapper comme un glaive la puissance publique russe. C’est précisément par le déversement de crédits en dollars que l’économie russe et le pouvoir monétaire de la Banque de Russie furent confisqués.

C'est un symbole fort dans l’imaginaire russe : la soumission à l’impérialisme étasunien. Le dollar est la monnaie d’un capitalisme financier prédateur, de l’ultra-libéralisme sans protection, où l’argent circule sans contrôle étatique ni régulation du droit. Poutine va affranchir l’État russe de la domination du dollar par la restauration du rouble dans sa valeur intérieure : un rouble qui signifie à minimum la valeur que les Russes échangent entre eux, ce qu'ils produisent eux-mêmes, pour eux-mêmes. Mais aussi, un rouble comme arme économique afin de se prémunir de l'extérieur par l'instrument du taux de change. En Russie, la dédollarisation a commencé dès les années 2000...

Train de sanctions occidentales

Suite à l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe le 24 février 2022, les occidentaux prononcent des sanctions économiques et monétaires d’une ampleur inédite. D’abord, elles visent à couler le rouble puisque dès l’annonce des sanctions, le rouble s’effondre jusqu’à 35% de sa valeur par rapport au dollar en 24 heures8. Une perte de la valeur du rouble signifie un coût supplémentaire à l'importation des produits et denrées, ce qui provoquerait une forte inflation des prix à l’intérieur du pays. Les sanctions visent à plonger la Russie dans un marasme économique, d’avoir un impact sur l'investissement, la croissance et le niveau de vie des Russes.

Surtout, la Banque de la Fédération de Russie n’a pas pu défendre la valeur du rouble en rachetant du rouble avec ses réserves en dollars et en euros. À des montants encore jamais atteints, les avoirs en dollars et en euros de la Banque de Russie déposés dans des comptes occidentaux, sont gelés pour un montant record de 300 milliards de dollars9. Elle doit tout simplement s’asseoir sur ses liquidités devenues irrécupérables, comme une perte sèche. Le blocage des devises détenues à l'étranger par Moscou l'empêche de régler des dettes extérieures et vise à provoquer un défaut de paiement.

C’est une décision inouïe qui introduit le prolongement de la guerre russo-ukrainienne sur le terrain monétaire. Dans le but de priver la Russie des échanges internationaux, en l’isoler du commerce mondial, les principales banques russes sont coupées du système de paiement occidental SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication). Le réseau de transactions interbancaire est la pierre angulaire du système de paiement international, essentiel pour le commerce des États, des banques et des entreprises. Chaque virement bancaire ou transfert monétaire est coordonné par cette messagerie financière mondiale.

Des mesures de rétorsion économiques et financières de grande ampleur, avec néanmoins des exceptions pour l’énergie. L’Allemagne qui refuse de couper ses achats de gaz et de charbon à la Russie, laisse opérer ses institutions bancaires pour participer aux opérations de financement de ses approvisionnements10. Pour le règlement des hydrocarbures, les transactions entre des banques allemandes et des banques russes comme Gazprom Bank ou Sberbank continuent leurs transactions via SWIF. La question énergétique est le sujet le plus sensible, car elle entraînerait les pays européens dans une crise inflationniste catastrophique.

Disons-le clairement : ce sont les achats d’hydrocarbure russe qui financent les efforts de guerre de Poutine. Les secteurs du gaz et du pétrole sont consubstantiels aux finances de l’Etat russe. Depuis le début de l’invasion en Ukraine, le montant des flux européennes s’élève à 16,8 milliards de dollars par mois, 10,6 pour le gaz, 5,77 pour le pétrole et 438 millions pour le charbon. À elle seule, l’Europe a acheté pour 17 milliards d’hydrocarbures russes depuis le 24 février 202211, date du début de l’offensive russe en Ukraine. Une masse monétaire qui, pour l’instant, permet à la Russie de résister aux sanctions économiques imposées par les Occidentaux.

Bâtir une forteresse économique

Comme nous l’avons vu, le patriotisme économique de Vladimir Poutine pousse à l'autonomie de la Russie. En effet, la Russie peut vivre de ses matières premières et de ses productions internes, relativement coupée du monde. D'une certaine manière, cela force son marché intérieur à trouver des alternatives pour produire d’elle-même, puis dans un second temps d'en profiter à l'export. Par exemple, l'explosion du prix des matières premières est une aubaine pour un pays indépendant sur le plan énergétique, qui a anticipé le coup pour spéculer sur les prix. Avec cette montée en tension, la Russie gagne environ 700 millions de dollars nets par jour de sa manne pétro-gazière12.

Lors de la première guerre en Ukraine de 2014, alors nommée le conflit russo-ukrainien, une composante nous renseigne sur la stratégie russe d'auto-suffisance. Les sanctions et représailles causées par l'annexion de la Crimée en 2014 ont conduit la Russie à investir massivement dans son secteur agricole. Le pays, qui importait des céréales depuis l’Union européenne, est devenu en quelques années seulement le premier exportateur de blé au monde13. On comprend que la stratégie russe se nourrit de cette isolation commerciale, pour réaliser des sauts qualitatifs de production et accroître la part d'industrie dans sa richesse nationale.

Pourtant, il ne faut jamais oublier l’étroite interdépendance des pays sur des secteurs stratégiques. Par exemple, les Etats-Unis ont récemment augmenté leurs commandes en uranium avec la Russie et achètent massivement de l’engrais russe. Autre exemple, la Russie doit continuer de commercer avec Taiwan et la Chine pour la fabrication de microprocesseurs essentiels à son industrie automobile. Avec la France, Total exploite un méga-gisement gazier à Yamal qui est la plus grande usine de gaz liquéfié au monde14. Sur de la haute-technicité, la tactique russe est de conserver des alliés commerciaux, source d’entente et de relations bilatérales.

La stratégie russe est d’occuper les secteurs vitaux d'autres pays comme des armes de guerre économique. L'idée-maîtresse est d'abord d’investir pour augmenter sa production et couvrir d’elle-même ses besoins. Puis ensuite, d'exercer des pressions économiques fortes sur les pays ou régions du monde totalement dépendantes aux exportations russes. Le meilleur exemple concerne l’Allemagne, dépendante à 70% du gaz russe pour son industrie et ses habitations. Le scénario serait économiquement cauchemardesque si elle cessait d’importer du gaz russe, allant jusqu’à une contraction de 3% du PIB du pays le plus riche d’Europe15.

La Russie joue une partition très claire : se nourrir de l’ostracisation pour développer ses secteurs stratégiques. Il y a bien les boycotts des multinationales américaines, françaises, allemandes, britanniques dont les plus connues comme Nike, MacDonald’s ou Disney ont annoncé cesser leurs activités en Russie. Auchan, Total ou Renault ont expliqué vouloir se retirer du marché russe mais en réalité, quitter la Russie signifie tout laisser sur place : usines, équipements, machines-outils, brevets, technologies. Les investissements seront abandonnés sans compensation et l’entreprise toute bonnement transférée à un repreneur russe. Même McDonald’s devrait devenir Oncle Vanya…

Contre-attaques aux rétorsions

La riposte ultime russe est de couper le robinet des hydrocarbures aux Européens. La Russie menace de rompre l’approvisionnement en gaz et pétrole à toute l’Europe. Cela paralyserait l'appareil industriel, immobilisant les entreprises, et provoquerait une inflation galopante, appauvrissant les ménages, dont peut résulter une implosion sociale. Si le projet Nord Stream 2 est enterré16 suite à l’offensive russe sur l’Ukraine, les flux gaziers et pétroliers de Yamal, Nord Stream 1 et Amitié se sont intensifiés. Surtout, le gazoduc Fraternité qui passe par l’Ukraine et approvisionne 90% du gaz en Europe, est toujours en service malgré la guerre17.

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Les gazoducs en Europe

Ce n'était qu’une question de temps avant que les sanctions commerciales soit contrées par des ripostes monétaires. La Russie publie une liste de 51 pays inamicaux pour lesquels s'appliquent les sanctions suivantes : remboursement des dettes détenues par des entreprises en rouble et surtout, vente des hydrocarbures uniquement en rouble. Le 23 mars 2022, le Président de la Fédération de Russie décide d'interdire le dollar et l’euro pour payer le gaz russe qu’il exporte. Il signe un décret ordonnant l'arrêt des exportations de gaz et de pétrole si les acheteurs ne paient pas en roubles, mesure effective dès le 1er avril 202218.

Exiger que les hydrocarbures soient payés en rouble revient à indexer la valeur du rouble sur la valeur du gaz et du pétrole russe. Juridiquement et nominalement, comme les Russes ont conclu des contrats libellés en dollars ou en euros, leur méthode était de systématiquement convertir en roubles, les dollars qu’ils recevaient en paiement de leurs hydrocarbures. Dorénavant, c’est à l’acheteur d’hydrocarbures de convertir au préalable ses euros ou dollars en rouble, les forçant au passage apprécier la valeur du rouble sur le marché des changes. Les fonds peuvent toujours être transférés à la Gazprombank qui n'est pas frappée de sanctions financières.

Plus que de demander à une banque occidentale de changer ses dollars en rouble, elles devront ouvrir un compte en rouble à la Gazprombank pour payer les achats d'hydrocarbures. De la sorte, Moscou cherche à reconstituer des avoirs en devises étrangères. Mais par quel système financier peut-elle les échanger ensuite ? Justement, par le système financier chinois CIPS (Cross-Border Inter-Bank Paiement System). En quelque sorte, Poutine change de banque internationale : il utilisait le système occidental pour transformer les dollars en rouble, et maintenant exploite le système oriental avec le yuan, pour payer en roubles et réutiliser des devises étrangères.

On ne raisonne plus sur des prix en dollars, mais en rouble. Toutes ces mesures créent une demande forte pour la monnaie russe, qui deux semaines plus tard, est revenue au niveau d’avant les sanctions. À terme, le sujet est de faire basculer les réserves de change, les lignes de crédits entre États et les paiements par les banques du dollar au yuan ou au rouble comme monnaies de règlement. Autrement dit, de constituer des paniers de monnaies qui permettent de ne plus systématiquement transacter en dollars, notamment pour les blocs politiques régionaux qui cherchent à s'en émanciper. Vladimir Poutine dédollarise nos cervelles.

Affaiblissement étatsunien du dollar

Usant de leur pouvoir discrétionnaire sur le dollar pour geler les avoirs russes, le message envoyé par les Américains est le suivant : « Si votre politique ne nous convient pas, ou que nos relations se détériorent, nous confisquerons vos avoirs ». Tous les régimes politiques du monde se rendent compte que le dollar n’est ni plus ni moins un instrument de contrôle de leurs politiques intérieures. Les Américains viennent d'afficher qu'ils n'hésiteront pas à l'avenir de bloquer les fonds labellisés en $, régis par le droit américain de façon extraterritoriale. Ce faisant, on se demande s'ils n'ont pas signé la fin probable des Accords de Bretton Woods de 1945, qui ont fondé le système monétaire international sur le dollar.

L'exercice d'une autorité suprême sur le système financier international est la mesure la plus symptomatique, afin que le dollar cesse d'être considéré comme la monnaie de référence. Le dollar qui était la monnaie la plus liquide, utilisée par tous les pays comme monnaie de réserve, perd son rôle de devise pivot des échanges internationaux. Que ce soit pour effectuer des règlements ou constituer des réserves de change, les pays vont progressivement réduire leur dépendance au dollar en constituant des réserves en yuan, en rouble, en roupie ou en franc suisse. La pire chose qui puisse arriver à une monnaie vient de se produire : la confiance s’est brisée.

Potentiellement ces prochaines années, nous allons attester de la marginalisation du système financier occidental au profit du système alternatif chinois. La Chine dispose déjà de son propre système de paiement interbancaire, le fameux CIPS qui permet aux banques à l’instar du système SWIFT, d’effectuer des transactions transfrontalières et surtout, de régler les crédits internationaux en yuan. En 2021, il y a eu pour 80 000 milliards de yuans (12 690 milliards de dollars) de transactions effectuées via le système de messagerie interbancaire chinois, que des banques comme HSBC et BNP Paribas utilisent pour leurs transferts et règlements en zone Asie19.

La Chine cumule des réserves de change en monnaie américaine d’une valeur de 3 500 milliards de dollars, soit l'équivalent du PIB allemand juste en devises stockées. La Chine sait que si elle envahit Taïwan, ses milliers de milliards de dollars seraient immédiatement ponctionnés. L'Empire du milieu n’a d’autre choix que de réduire sa dépendance au dollar en développant le yuan comme monnaie de règlement. D’autres pays vont emboîter le pas, en cessant d'utiliser systématiquement le dollar, ce que l'Arabie Saoudite a déjà annoncé faire pour fixer le prix du baril de son pétrole20. L'avènement d'un pétroyuan qui sonne le glas du pétrodollar ? Les États-Unis accentueront leurs manœuvres militaires.

Utilisé pour 90% des échanges commerciaux, le monde entier achète du dollar donc soutient la valeur du dollar. À l'inverse, si le nombre de pays qui achètent du dollar diminue, son pouvoir se déprécie. Le refuser est le moyen direct de contester l’hégémonie américaine, notamment pour les pays qui contestent l’alignement : l’Inde, le Brésil, l’Arabie Saoudite, l’Iran, le Venezuela… Les Chinois et les Russes se préparent à cette guerre monétaire depuis des années. Ils prônent une monnaie de réserve mondiale super-souveraine, qui ne dépende d’aucun État en particulier et qui serait arrimée à l’or. Une devise internationale qui modifierait l’échiquier monétaire et financier du monde.

C’est un choc entre blocs gigantesques : le bloc russo-chinois contre le bloc américano-européen. Allons-nous vers le renversement du monde ?

Sources :

¹ Andrey A. KINYAKIN - Les oligarques dans la Russie contemporaine : de la « capture » de l'État à leur mise sous tutelle

² Le Monde - La « verticale du pouvoir », ligne directrice du poutinisme

³ Le Figaro - La bataille du Kremlin contre les conglomérats

Club de Paris - Pays débiteurs, Fédération de Russie

Les Echos - Le Club de Paris conclut un accord généreux sur la dette russe

Ministère des Finances - Situation économique et financière de la Russie en décembre 2021

Ecole de guerre économique - La dédollarisation des économies, fin de l'ère de puissance des États-Unis ?

Ouest France - Guerre en Ukraine, le rouble russe chute de près de 30 % après les dernières sanctions

Challenges - Environ $300 milliards de réserves de changes gelés, dit la Russie

¹⁰ RFI - L'Allemagne s'oppose à un embargo sur le gaz, le pétrole et le charbon russes

¹¹ La Tribune - Guerre en Ukraine : l'Europe a acheté près de 17 milliards d'euros de gaz et de pétrole russes depuis le début du conflit

¹² France Inter - Se priver du gaz russe ?

¹³ Les Echos - La Russie, premier fournisseur de blé de la planète

¹⁴ Les Echos - Dans le Grand Nord russe, le projet gazier géant de Total sort de terre

¹⁵ La Presse - Couper le gaz russe, l’Allemagne entre morale et raison économique

¹⁶ Reporterre - Guerre en Ukraine : le gazoduc Nord Stream 2 enterré

¹⁷ Europe 1 - L'Ukraine, aussi, bénéficie économiquement du gaz russe

¹⁸ La Tribune - Coup de théâtre : Poutine fait volte-face et exige le paiement du gaz russe en roubles dès ce 1er avril

¹⁹ Reuters - Factbox: What is China's onshore yuan clearing and settlement system CIPS ?

²⁰ L'Opinion - L’Arabie saoudite envisage d’accepter les yuans des Chinois pour son pétrole

Published 6 mois plus tôt